Sans VPN, votre fournisseur d’accès (Orange, Free, SFR, Bouygues…) voit les noms des sites que vous visitez, mais pas le détail des pages ni vos mots de passe, déjà chiffrés par HTTPS. Avec un VPN, il ne voit plus qu’une connexion chiffrée vers un serveur. Votre employeur, lui, ne voit rien de votre navigation à la maison — sauf si vous utilisez l’ordinateur ou le réseau de l’entreprise, où un VPN personnel ne cache pas grand-chose.
« Qui voit quoi » est la vraie question derrière l’achat d’un VPN. Voici le tableau complet, situation par situation.
Qui voit quoi, avec et sans VPN #
| Observateur | Sans VPN | Avec VPN |
|---|---|---|
| Votre FAI (chez vous, sur votre box) | Noms de domaine visités, horaires, volumes — pas le contenu HTTPS | Une seule connexion chiffrée vers le serveur VPN |
| Le fournisseur du VPN | — | Ce que voyait votre FAI : c’est lui qu’il faut choisir avec soin |
| Votre employeur, PC personnel à la maison | Rien | Rien non plus |
| Votre employeur, PC professionnel | Potentiellement beaucoup : outils de supervision installés sur la machine | Pareil — le VPN ne protège pas d’un logiciel installé sur le poste lui-même |
| Votre employeur, réseau de l’entreprise | Noms de domaine consultés | Voit qu’un VPN est utilisé (et peut le bloquer), pas ce qui y passe |
| Les sites que vous visitez | Votre IP, vos cookies, votre compte si connecté | L’IP du VPN — mais toujours vos cookies et comptes |
Le cas du PC professionnel, en clair #
Sur un ordinateur fourni par l’employeur, la protection ne se joue pas au niveau du réseau : l’entreprise peut légitimement équiper ses machines d’outils de sécurité et de supervision, qui observent ce qui se passe sur le poste, avant tout chiffrement. Un VPN personnel n’y change rien — et en installer un est souvent interdit par la charte informatique. En France, l’employeur doit informer les salariés des dispositifs de contrôle mis en place (la CNIL encadre ces pratiques), mais la règle de bon sens reste : ce qui est personnel se fait sur du matériel personnel.
À lire Le VPN expliqué à ceux qui n’y comprennent rien : 12 questions simples
Et la box familiale ? #
La personne qui administre la box peut consulter l’historique DNS sur certains modèles, ou activer un contrôle parental qui journalise les domaines. Là aussi : noms de sites, pas contenu. Un VPN masque ces noms — c’est d’ailleurs l’un de ses usages réels les plus courants.
Non : la recherche passe en HTTPS. Il voit que vous êtes sur google.fr, pas ce que vous y tapez. Google, en revanche, le sait — VPN ou pas, si vous êtes connecté à votre compte.
Sur son réseau, oui : la connexion vers un serveur VPN se repère facilement, même si son contenu est illisible. Beaucoup d’entreprises les bloquent par défaut.
Pas « à travers », mais elle peut réquisitionner le fournisseur du VPN, qui remettra ce qu’il conserve (d’où l’enjeu des politiques « sans journaux »). Le VPN complique l’enquête, il n’offre aucune immunité.Mon FAI peut-il voir mes recherches Google ?
Mon employeur peut-il savoir que j’utilise un VPN ?
La police peut-elle voir à travers un VPN ?