C’est l’événement de la semaine sur le marché des VPN : Avast a lancé le 4 novembre 2026 en France une offre de VPN entièrement gratuite, présentée comme sans publicité, sans carte bancaire et sans date d’expiration. Une annonce qui bouscule un marché où le « gratuit » cache presque toujours une contrepartie. Alors, vraie bonne affaire ou offre d’appel habilement calibrée ? Voici ce que l’on sait, et ce qu’il faut vérifier avant de l’installer.
Les points :
Ce qu’Avast annonce : un gratuit sans les irritants habituels #
La nouvelle offre est disponible sur Windows, macOS, Android et iOS. Contrairement aux périodes d’essai classiques, elle ne demande aucune carte bancaire à l’inscription et ne s’arrête pas au bout de quelques jours. Autre point qui tranche avec les gratuits du marché : un même compte peut protéger un nombre illimité d’appareils, comme le détaille Siècle Digital.
Côté fonctions de sécurité, l’essentiel est là : un kill switch, qui coupe la connexion internet si le tunnel VPN tombe, et une option de pause de 15, 30 ou 60 minutes, pratique pour les sites qui bloquent les connexions passant par un VPN sans devoir tout désactiver.
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L’absence de publicité mérite d’être soulignée. Chez la plupart des VPN gratuits, la pub est le modèle économique. Ici, Avast joue la carte classique du « freemium » : l’offre gratuite sert de produit d’appel vers la version payante, comme le relève Le Monde Informatique.
« Illimité », vraiment ? Les limites à connaître #
Un plafond de données qui se cache dans la FAQ
C’est la principale nuance au discours marketing. Si la communication d’Avast met en avant des données illimitées, la FAQ française du service mentionne un plafond de 500 Go par mois, un point relevé à la fois par Siècle Digital et par Clubic. En pratique, 500 Go par mois couvrent largement la navigation, le streaming occasionnel et le télétravail d’un utilisateur normal. Mais ce n’est pas « illimité » au sens strict, et c’est précisément le genre de détail qu’il faut aller chercher avant de s’engager.
Trois localisations seulement
La restriction la plus sensible pour les usages avancés : la version gratuite ne propose que trois localisations de serveurs, là où l’offre payante revendique plus de 140 localisations dans 103 pays. Pour chiffrer sa connexion sur un Wi-Fi public ou masquer son adresse IP, trois localisations suffisent. Pour choisir finement son pays de sortie, c’est une autre histoire : c’est là que se situe la vraie frontière entre le gratuit et le payant.
Confidentialité : des promesses et un passif à connaître #
Avast annonce une politique « no-logs », c’est-à-dire l’absence de journaux d’activité permettant de retracer ce que font les utilisateurs, et indique que son VPN a fait l’objet d’un audit indépendant. L’éditeur ne communique toutefois ni la date ni le détail des résultats de cet audit, ce qui limite la portée de l’argument.
Il faut aussi rappeler le passif de l’entreprise : en 2024, Avast a écopé d’une amende de 16,5 millions de dollars infligée par la FTC, le régulateur américain du commerce, pour la revente de données de navigation via sa filiale Jumpshot. Cette affaire concernait l’antivirus et les extensions de navigateur de la marque, pas son VPN. Elle n’en reste pas moins un élément de contexte que tout utilisateur soucieux de sa vie privée doit avoir en tête au moment de confier l’intégralité de son trafic à un éditeur.
Pour qui cette offre a-t-elle du sens ? #
Pour l’utilisateur qui cherche une protection de base, sans frais, sur les réseaux Wi-Fi publics, l’offre est objectivement l’une des plus généreuses du marché gratuit : pas de pub, pas de compte bancaire, un vrai kill switch et un volume mensuel confortable. Face aux gratuits historiques qui plafonnent à quelques gigaoctets par mois, la différence est nette.
Pour les usages plus exigeants, la limite des trois localisations ramène vite vers les offres payantes, qu’il s’agisse de celle d’Avast ou de ses concurrents. Et pour les utilisateurs dont la confidentialité est la préoccupation première, la prudence habituelle s’applique : un VPN n’est jamais meilleur que la confiance que l’on peut accorder à son éditeur. Les promesses de non-conservation des journaux n’ont de valeur que documentées par des audits publics, récents et détaillés.
Notre conseil #
Tester, oui : l’inscription sans carte bancaire rend l’essai sans risque financier. Mais en gardant deux réflexes : lire la FAQ et la politique de confidentialité françaises du service, qui contiennent les vraies conditions, et comparer avec les offres gratuites établies, qui ont pour elles des audits publiés de longue date. Le lancement d’Avast a au moins un mérite immédiat : il met la pression sur tout le marché du VPN gratuit, et c’est l’utilisateur qui en profite.
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